Conseils diététiques pour les patients insuffisants rénaux

Lorsqu’un patient apprend qu’il présente une insuffisance rénale chronique, quelle qu’en soit sa cause, la question la plus fréquente est de savoir précisément la nature du régime à suivre.


Il n’y a pas de régime à proprement parler mais des règles hygiéno-diététiques.


Il est indispensable de veiller à prendre régulièrement ses médicaments anti-hypertenseurs mais pas seulement.


Effectivement, limiter ses apports en sel est important notamment pour que certains médicaments conservent toute leur efficacité.

En pratique, on peut éviter de resaler les plats mais on peut préférer les épices comme le poivre, le piment, le curcuma, le cumin, le curry ou les herbes aromatiques comme le romarin, le thym, l’origan, l’estragon, l’ail, le persil qui ont l’avantage d’avoir d’autres propriétés, notamment anti-oxydantes.


Il faut également se méfier d’aliments riches en sel, notamment les plats préparés, les biscuits, la charcuterie, les conserves.


Il n’est pas recommandé d’utiliser des sels de régime, souvent riches en potassium, potentiellement délétères chez certains insuffisants rénaux chroniques.


La prise en charge alimentaire d’un insuffisant rénal chronique consiste également à boire une quantité suffisante d’eau, plate de préférence pour une quantité d’environ 1,5 litre/jour répartie sur l’ensemble de la journée.


Il n’est pas nécessaire d’avoir une quantité plus importante sauf dans certaines maladies rénales comme parfois la polykystose rénale.


Si on préfère une eau pétillante, on peut s’orienter vers une au peu riche en sel comme la Salvetat, le Perrier fines bulles par exemple.

Il est également important de manger équilibré mais équilibré par rapport à quoi ?

On peut manger en fonction de ses besoins qui vont varier en fonction de l’activité pratiquée qui est la source principale de dépenses énergétiques. Plus on se dépense, plus on dépense de l’énergie. Plus les apports énergétiques seront conséquents afin de maintenir un poids stable.


Lorsqu’on souhaite perdre du poids, la dépense énergétique sera > aux apports ; c’est le principe de la balance énergétique et de son déséquilibre.


En pratique, il faut surtout réapprendre à mastiquer et essayer de retrouver un sentiment de satiété. Manger équilibrer, c’est également avoir une répartition idéale des différents nutriments sur une journée type, à savoir un apport de 50 à 55 % de glucides, de 30 à 35 % de lipides et de 10 à 20 % de protéines.


Concernant les glucides, on distingue les produits céréaliers : le pain les céréales, les farines, les pâtes alimentaires, les féculents comme les pommes de terre, le maïs, les pois verts, les légumineuses comme les haricots rouges ou blancs, les pois chiches, les lentilles, les fruits et les légumes et enfin le lait et certains produits laitiers comme le yaourt, le fromage notamment.


Les glucides peuvent être classés en fonction de l’index glycémique, classé généralement de 0 à 100 en sachant que plus l’index est élevé, plus l’aliment perturbe la glycémie. Ainsi les légumineuses comme les lentilles, les pois chiches, les petits pois , le riz complet, les fruits et légumes ont souvent un index glycémique faible à la différence des céréales sucrées, des biscuits, des bonbons, du pain blanc, des pâtes blanches cuites en quelques mn qui ont un index glycémique élevé.


On conseille également de manger 5 légumes et fruits, préférentiellement 3 légumes et 2 fruits par jour pour l’apport en Vitamines et en fibres.


Si possible, on conseille également de limiter les jus de fruits.


Concernant les lipides, ils sont indispensables à la santé.


Ils sont riches en énergie ; il faut savoir qu’1 g de lipides apporte 9 kcal et surtout ils servent à la synthèse d’hormones, servent de transporteur aux Vitamines liposolubles (la Vitamine A, la Vitamine D, la Vitamine E, la Vitamine K).


Ils constituent également la structure des membranes cellulaires.

On distingue les acides gras insaturés qui se divisent en 2 catégories :

les acides gras polyinsaturés qu’on appelle les oméga6 et les oméga3 ; ce sont des acides gras liquides à température ambiante, les acides gras oméga6 que l’on trouve dans l’huile de noix, l’huile de tournesol, l’huile de pépins de raisin en sachant qu’une cuillère à soupe d’huile de noix apporte environ la moitié des besoins journaliers en oméga6. On trouve également des oméga6 dans les abats, la volaille, la viande de porc mais en moindre quantité.


Les oméga3 ont surtout un effet protecteur sur la fonction cardio-vasculaire.


Ils sont présents dans les poissons gras comme le saumon, le maquereau, la sardine, les huiles de colza, de lin ; à tire d’exemple, 1 cuillère à soupe d’huile de lin apporte plus de 200 % des besoins en acides gras oméga3 pour la journée.


Idéalement, on détermine un rapport d’acides gras oméga6/oméga3 de 1/1 à 4/1 alors que dans nos habitudes alimentaires, ce rapport est proche de 10/1 ce qui peut parfois devenir néfaste en terme de protection cardio-vasculaire.


Dans les acides gras insaturés, il existe également les acides gras monoinsaturés qu’on appelle les oméga9 qui ont également un effet bénéfique reconnu sur le plan cardio-vasculaire et que l’on trouve essentiellement dans l’huile d’olive, les avocats, les amandes, les noisettes notamment.


En pratique, il est souhaitable que 75 à 80 % des apports en lipides soient liés aux acides gras insaturés et notamment les acides gras monoinsaturés qui doivent constituer plus de 50 % de l’apport en lipides comme l’huile d’olive notamment.


Par exemple, en terme d’assaisonnement, 1 cuillère-à-soupe de colza pour 2 cuillères à soupe d’huile d’olive constitue un rapport idéal.


Enfin, on parle également des acides gras saturés que l’on trouve dans la charcuterie, les viandes grasses, la crème fraîche, les viennoiseries, sont considérés « comme le mauvais gras » et qui en pratique, doivent se limiter à 25 % des apports en lipides pour une ration alimentaire journalière.


Même si le beurre est constitué d’acides gras saturés, il est préférable de le consommer à la place des margarines qui contiennent des acides gras trans clairement délétères sur le plan cardio-vasculaire.


Il est important de savoir que les acides gras polyinsaturés ont un effet favorable pour limiter la dégradation de la fonction rénale.



Concernant les protéines, il faut savoir que l’utilisation des protéines par l’organisme produit des déchets comme l’urée.


Plus on mange de protéines, plus on produit de l’urée qui sera éliminée essentiellement par les reins.


On conseille aujourd’hui un apport en protéines de 0,8 g/kg/jour chez un individu sain.


Lorsqu’on présente une maladie rénale, on peut être amené à diminuer la quantité d’apports en protéines sous couvert d’une surveillance diététique.


Les protéines d’origine animale sont à haute valeur biologique c’est-à-dire qu’elles apportent généralement la plupart, voir la totalité des acides aminés essentiels comme les œufs, le poisson ou la viande.


A titre d’exemple : 50 g de viande ou 1 œuf ou 60 g de poisson apporte 10 g de protéines.


Pour les apports en protéines d’origine végétale, 80 g de légumes secs cuits comme les lentilles, les flageolets, les haricots blancs, les pois chiches apportent 5 g de protéines.


L’essai d’un régime pauvre en protéines, de l’ordre de 0,3 g/kg/jour associé à un apport complémentaire de céto-analogues peut avoir un effet très significatif pour ralentir la progression d’une éventuelle insuffisance rénale.


En pratique : 0,8 g/kg/jour de protéines correspond à un apport de viande de 2 à 3 fois par semaine, 2 fois 2 œufs par semaine, 2 à 3 fois du poisson par semaine, 2 à 3 fois du fromage par semaine en proposant en alternative des légumineuses, 2 à 3 fois par semaine.


Pour freiner l’évolution de l’insuffisance rénale, les études ont montré également l’intérêt d’une alimentation alcaline riche en fruits et légumes et l’on conseille parfois des apports de Bicarbonate de Sodium soit sous forme de gélules ou sous forme d’eau comme l’Eau de Vichy Saint Yorre.




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